Une fille, qui danse. Jolie surprise !

9782715232495_1_75« Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n’est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l’âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu’il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif… le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ça été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé… Comme si le fleuve avait coulé vers l’amont. »

Je l’ai lu d’une traite, comme un roman policier ! 200 pages dévorées en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, et sans en laisser une miette ! L’histoire se passe à Londres me direz-vous, de quoi peser lourd dans ma balance et marquer des points d’emblée ! Une ambiance so british du premier au dernier mot.

Autant vous prévenir : si vous cherchez un bouquin drôle et léger, passez votre chemin ! Non pas qu’il soit lourd, triste ou glauque… Disons seulement que l’auteur nous mène dans une réflexion quasi philosophique sur le sens de la vie et la construction de notre histoire. Don’t worry, nul besoin d’être un aficionado de la philo pour se laisser emmener par l’auteur !

Tony, la soixantaine, après une existence plutôt tranquille, reçoit le courrier d’un notaire l’informant qu’il est le bénéficiaire d’un étrange testament. Pour comprendre les raisons de ce leg, il doit, presque malgré lui, se tourner vers le passé. De vieux souvenirs occultés refont alors surface, l’érosion du temps permet une relecture des évènements et c’est alors qu’il se rend compte à quel point la mémoire humaine est sélective et arrangeante. 

Il se rappelle cette bande de copains, innocents et immatures, amis à-la-vie à-la-mort, avec qui il a usé ses fonds de culottes sur les bancs de l’école. Le vent a soufflé sur ces années de candeur le jour où Adrian s’est joint à eux, à la fin du lycée. Adrian, brillant, discret, séduisant, envoûtant… Les garçons se disputent ses faveurs et chacun souhaite pouvoir se targuer d’être son meilleur ami, son préféré.

« C’était une des différences entre nous trois et notre nouvel ami : nous étions foncièrement déconneurs, sauf quand nous étions sérieux : il était foncièrement sérieux, sauf quand il blaguait. »

Il se rappelle de Veronica, de ses premiers émois amoureux mais aussi de ses premières peines de cœur. Il se rappelle de ce jour où il a appris la disparition tragique d’Adrian, ce camarade et ami qu’il avait longtemps admiré mais avec qui il était désormais fâché.

Cette plongée à contre-courant est une véritable remise en question pour le narrateur. A soixante ans, c’est une réalité bouleversante qu’il découvre, une vérité qui le changera à jamais.

En parcourant les critiques de ce livre sur différents sites de lecture, je m’aperçois que ce roman déchaîne les passions ! Il fait partie de ces œuvres que l’on adore ou que l’on déteste. La demie mesure est rarement de mise à son sujet. En ce qui me concerne, Julian Barnes est parvenu à m’emmener là où il le souhaitait. J’ai été plutôt réceptive à ce travail d’introspection réalisé par ce sexagénaire qui se rend compte – un poil trop tard, malheureusement – qu’il a parfois été bourreau lorsque dans sa vie, il s’est cru victime.

J’ai aimé la justesse des sentiments et des émotions et c’est avec plaisir que j’ai accompagné Tony dans ce voyage intérieur, dans cette quête de lui-même et de sa propre histoire.

J’ai aimé la chute, à laquelle je ne m’étais pas du tout préparée. Je trouve que la chute d’un roman, ou même d’un film, est d’une importance capitale. La dernière pièce du puzzle, l’instant savoureux qui permet de relier toutes les connections entre elles, le feu d’artifice final ! Et dans ce roman, je n’ai pas été déçue ! Bref, vous l’aurez compris, un Instant Lecture que je conseille. Note pour plus tard : lire d’autres romans de Julian Barnes ! Il y en a quatorze, tous récompensés en 2011 par le David Cohen Prize.

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